| 7. LE REFROIDISSEMENT DATOMES PAR LASER |
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Ralentir des atomes, cest diminuer leur vitesse moyenne. Lutilisation de la lumière, via sa pression de radiation, permet également de les refroidir, cest-à-dire de diminuer leur agitation thermique, ce qui revient à diminuer les fluctuations de la vitesse autour de la vitesse moyenne. De tels refroidissements datomes ont commencé à être réalisés vers 1985. Lobtention datomes ultrafroids met en jeu plusieurs mécanismes de refroidissement, et les recherches se poursuivent pour en découvrir dautres. Le plus élémentaire dentre eux est le refroidissement Doppler. |
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7.1. Le refroidissement Doppler |
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Il est fondé sur leffet Doppler. Prenons des atomes dont la fréquence lumineuse de résonance (cest-à-dire la fréquence des photons quils peuvent absorber et émettre) est notée n0, avec n0 = (Eb Ea)/h pour deux niveaux atomiques adéquats (a) et (b). Supposons quun tel atome soit soumis à un rayonnement de fréquence n. Si latome se déplace en venant à la rencontre du faisceau lumineux, la fréquence quil « percevra » nest pas n mais supérieure à n, par effet Doppler. De manière analogue, sil se déplace dans le même sens que le faisceau, la fréquence mesurée par latome sera inférieure à n. |
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Doù le principe du refroidissement Doppler : on soumet un nuage datomes à deux faisceaux laser dirigés en opposition, selon laxe Oz par exemple, en choisissant leur fréquence lumineuse n légèrement en dessous de la résonance, soit n < n0. |
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Que se passe-t-il alors ? Les atomes allant vers la droite (Vz > 0) se rapprochent de la situation de résonance avec londe laser venant de la droite, et séloignent encore plus de la résonance avec londe venant de la gauche. Résultat : ces atomes vont absorber préférentiellement des photons venant de droite plutôt que de gauche, donc vont être ralentis. Si les atomes vont vers la gauche (Vz < 0), les rôles des deux faisceaux sont échangés, et les atomes sont également freinés. En première approximation, la force selon Oz subie par les atomes est, en valeur algébrique, de la forme |
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Cette force proportionnelle à la vitesse est analogue à une force de friction. En disposant une paire de faisceaux laser pour chacune des trois directions de lespace, on obtient ainsi une « mélasse optique » qui ralentit les atomes ; leur agitation thermique, en particulier, diminue, et lon peut de cette manière atteindre des températures de lordre de 100 microkelvins (104 K). |
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7.2. Le refroidissement Sisyphe |
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Ce mécanisme de ralentissement ou refroidissement a été dénommé effet Sisyphe, par analogie avec la situation du héros de la mythologie grecque condamné à pousser éternellement un rocher vers le sommet dune montagne, rocher qui retombe dans la vallée aussitôt le sommet atteint. Le refroidissement Sisyphe sarrête au moment où latome na plus assez dénergie pour escalader la colline suivante. Latome se retrouve ainsi piégé au bas dune vallée. Leffet Sisyphe permet datteindre des températures environ cent fois plus basses que le refroidissement Doppler : de lordre du microkelvin (106 K). |
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7.3. Le refroidissement subrecul |
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Le refroidissement Sisyphe a nécessairement une limite, due au recul subi par un atome qui absorbe ou émet un photon : la température minimale est limitée par lagitation correspondant à la vitesse de recul. Il existe cependant un moyen de descendre en dessous de cette limite ; cest le refroidissement dit subrecul, méthode mise au point à partir de 1988 à lENS. |
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Dans cette technique, il ne sagit pas de contrôler la vitesse des atomes en les faisant absorber ou émettre des photons. Au contraire, il sagit en quelque sorte de laisser intacts les atomes immobiles. On choisit une fréquence de transition atomique et une configuration de faisceaux laser telles que latome cesse dinteragir avec la lumière dès lors que sa vitesse est nulle. Résultat : les atomes immobiles restent immobiles, tandis que dautres rejoignent cet état en acquérant une vitesse nulle à un instant donné, au hasard de leurs pérégrinations. Le nombre datomes immobiles augmente donc petit à petit. En théorie, le refroidissement subrecul permet (après refroidissement préalable par effets Doppler et Sisyphe) datteindre une température aussi basse que lon veut. Mais cela suppose des dispositifs expérimentaux parfaits, ce qui nest jamais le cas. En pratique, on atteint léchelle du nanokelvin (109 K), soit le milliardième de degré au-dessus du zéro absolu. |
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