L'idée directrice est que la mesure de cette interaction dans un atome, à des énergies bien inférieures à celles des accélateurs de particules, donne accès à des informations complémentaires de celles obtenues en physique des hautes énergies.
De façon plus précise les enjeux
d'une telle mesure sont :
Schéma Général d'une expérience de Violation de la parité
On peut montrer que les déplacements de niveaux atomiques liés à l'interaction faible sont, dans un atome, beaucoup trop petit pour être mesurables. En fait, on s'efforcera toujours de mesurer des probabilités de transition pour un processus bien choisi, dans lequel se manifestera l'interférence entre deux amplitudes de transition :
une amplitude APC, conservant la parité,
une amplitude APV, violant la parité, et liée
à l'interaction faible.
En effet la probabilité de transition s'écrit alors
P+ = |APC+APV|2 = |APC|2 + 2 Re(APCAPV*)
(Nous avons négligé |APV|2
, car |APV|<<|APC|
pout tous les processus atomiques dans lequel l'atome n'est pas désintégré).
Pour le processus correspondant à l'expérience
miroir,
P- = |APC - APV|2 = |APC|2 - 2Re(APCAPV*)
ALR = (P+ - P- )/(P+ + P- )
|
|
Pour que l'asymétrie ALR soit accessible à la mesure, il faut choisir des conditions expérimentales telles que ce rapport ne soit pas ridiculement petit. A titre d'exemple l'asymétrie sur une transition permise dans l'hydrogène vaut environ 10-15.
Choix de l'atome de césium :
Afin de choisir APV
le
plus grand possible, M.A. et C. Bouchiat on montré que l'amplitude
faible dans un atome croît un peu plus vite que
Z3 (Z numéro atomique).
Cette loi privilégie de façon évidente les atomes lourds. Cependant, des calculs de structure atomique sont nécessaires pour extraire de la mesure de APV un test expérimental du modèle standard. On est donc conduit au choix d'un alcalin, dans lequel on peut mener des caculs précis. Finalement , notre choix est l'atome de césium 133Cs, le plus lourd des alcalins stables.
Choix de la transition atomique :
Ensuite il faut choisir une
transition où APC
est
relativement petit. On choisit pour cela une transition interdite.
Nous avons en fait opté pour la
transition doublement interdite 6S-7S du césium. Le dipôle
électrique est évidemment nul entre les deux états
S, et le dipôle magnétique n'est non nul nul que si l'on tient
compte des corrections relativistes et des effets à N corps. En
pratique on optimise le rapport signal/bruit en ajustant le taux de transisition
6S-7S avec un champ électrique statique, qui assite la transition
par effet Stark (mélange des états S et P). En fait ce champ
électrique joue un autre rôle très important, en donnant
une signature spécifique au signal recherché (voir page suivante:
critères
de sélections du signal PV).
Principe général de nos expériences
Une première génération d'expérience a été
réalisée dans cette équipe, aboutissant en 82-83 a
un résultat significatif
de mesure de violation de la parité dans
l'atome de césium avec une précision de 12%. Ces expériences
étaient menées avec un faisceau d'excition continu, accordé
sur une composante hyperfine de la transition très interdite 6S-7S,
et la mesure polarimétrique portait sur la lumière de fluorescence,
émise sur la transition 7S-6P1/2.
Nos expériences actuelles sont de type pompe-sonde, avec des faisceaux lasers impulsionnels. Avec une première impulsion laser intense (~1mJ), on excite dans une vapeur atomqiue de césium, et en présence d'un champ électrique E, la transition très interdite 6S-7S. La violation de la parité a lieu pendant cette transition : il y a interférence entre deux dipôles notés dStark et dPV, l'un conservant la parité et l'autre la violant, qui produit dans le niveau excité 7S une anisotropie atomique violant la parité.
Suivant la configuration de champ électrique choisie, et la polarisation du faisceau d'excitation, l'anisotropie atomique sera une orientation ou un alignement. Une orientation viole la parité si elle se comporte comme un vecteur polaire (un vrai vecteur). Un alignement viole la parité ses axes sortent des plans de symétrie de l'expérience.
Ces anisotropies atomiques donnent lieu à des annisotropies optiques, et on vient ensuite lire cette information avec une impulsion de faisceau sonde, résonnante avec la transition permise 7S-6P3/2.
Longtemps après, lors que les atomes 7S et 6P sont tous désexcités on envoie une impulsion sonde de référence.
La chronologie est résumée sur le dessin ci-dessous, dans le cas particulier où l'impulsion sonde est envoyée juste après l'impulsion d'excitation.
Comment se situe la violation de la parité dans les atomes par rapport à d'autres expériences PV, dans les noyaux ou à haute énergie?
Les expériences
de violation de la parité dans les atomes sont sensibles aux courants
faibles neutres, qui correspondent à l'échange de
bosons Zo. Le noyau et l'électron peuvent échanger
une particule neutre en conservant leur identité, et cette interaction
peut donc avoir lieu dans un système stable.
Rappelons que ces courants
faibles neutres sont restés insoupçonnés jusque dans
les années 1970. Ils consitutent une des prédiction majeure
du Modèle Standard. Les premières observations expérimentales
donnant un résultat quantitatif dans les atomes ont été
réalisé dans ce groupe en 1982 et 1983.
En revanche la désintégrationb
(connue depuis le début du siècle), de même
que la capture K dans les noyaux, met en oeuvre des courants
chargés,
qui correspondent à l'échange de bosons W+ ou
W-.
Dès 1956, Lee et Yang
ont suggéré que les désintégrations correspondant
aux interactions faibles pourraient violer la parité. La première
observation expérimentales, pour ces courants chargés, est
la célèbre expérience de Wu en 1957.
Dans les atomes (voir figure
ci-contre), les deux amplitudes qui interfèrent sont de natures
complètement différentes. APV est une amplitude
purement électromagnétique, liée à l'échange
de photons (virtuels) entre le noyau et l'électron. APC
est la contribution de l'interaction faible qui viole la parité.
Dans ce cas en effet, la contribution de l'interaction faible de même
symétrie que la contribution électromagnétique est
complètement négligeable. En conséquence, l'asymétrie
droite-gauche est de l'ordre de 10-15 dans l'hydrogène
sur une transition permise, et passe à environ 10-6 dans
le Césium, sur une transion interdite.
Les expérience de
physiques des hautes énergies peuvent sonder aussi bien les courants
neutres que les courants chargés si l'énergie disponible
est suffisante. (MZo= 91GeV, MW= 80GeV). Du fait
que les observables en physique atomique et en physique des hautes énergies
sont complètment différentes, les informations auxquelles
on accède sont différentes, et surtout complémentaires.
Dans les expériences
physique atomique (à basse énergie), les diffférents
quarks constituants le noyau agissent de façon cohérente.
La charge faible du noyau est la somme des charges des charge faible des
quarks.
Qw = SuQw(u) + SdQw(d)
Au contraire à haute énergie, par exemple dans les expérience de diffusion profondément inélastique d'électrons polarisé sur Deutéron, les quarks agissent de façon incohérente. En conséquence on somme sur les quarks les produits des amplitudes associées à la charge faible par les amplitudes associées à la charge électrique.
ALR = Sq=u,dQe(q)Qw(q)
On peut illustrer cette complémentarité par le fait que, indépendammment du modèle électrofaible choisi, les deux combinaisons linéaires des constantes de couplage de l'électron aux quarks u et d que testent les expériences des hautes et basses énergies sont quasiment orthogonales!
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